La Bête à Bon Dieu
La paille et la poutre
Dieu existe-t-il (suite)
dimanche 1er juillet 2007, par Richard Bennahmias

Que Selon une étude, 15% des pasteurs du Danemark pensent "qu’il est possible d’exercer cette charge sans croire à la résurrection, et les trois quarts d’entre eux considèrent même qu’un pasteur peut très bien douter de l’existence de Dieu". cela devrait surtout poser question quant à la qualité des études de théologie dans ce pays.
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Selon une étude, 15% des pasteurs du Danemark pensent "qu’il est possible d’exercer cette charge sans croire à la résurrection, et les trois quarts d’entre eux considèrent même qu’un pasteur peut très bien douter de l’existence de Dieu".

C’est le cas de Thorkild Grosboell, pasteur luthérien qui a affirmé dans une interview en mai 2003 ne plus croire en Dieu. Selon lui, il ne serait pas le seul dans ce cas. "Certains de mes paroissiens m’expliquent qu’ils ont gardé vive la foi de leur enfance. Une sorte de mastic qui sert à boucher la fissure de l’existence. Une absurdité impénétrable, qui, depuis l’enfance, n’a pas été ébranlée par la réflexion."

Pour parler de Dieu, il préfère utiliser des périphrases pour éviter que ceux qui l’écoutent n’y voient l’ancien Dieu. "Non, la Terre n’a pas été créée par Dieu ; la science se charge chaque jour de nous le montrer davantage. Dieu ne peut servir d’argument à tout et n’importe quoi. Pour moi, Dieu est LA question." Depuis l’interview, Thorkild Grosboell a été relevé de ses fonctions par son évêque.


Il y a une cohérence logique entre :

Cette cohérence est fondée sur un choix fondamental : celui de se résigner ou non au tragique de l’existence. Face l’alternative proposée par Dieu à l’être humain dans le livre du Deutéronome : "J’ai mis devant toi la vie et la mort - choisis la vie", cela revient à choisir, une fois pour toute, la mort. Ce qui est une façon définitive, radicale et simple de colmater "la fissure" de l’existence.

À partir de là, "LA question Dieu" cesse précisément d’être une question.

Dieu n’est pas "le mastic qui sert à boucher la fissure de l’existence", pas plus que les fissures de la science.

La Parole de Dieu est ce qui ne cesse depuis toujours de réouvrir l’existence, la notre, celle de notre humanité, celle de notre univers, à l’aventure, à l’avènement, à l’a-venir de la vie.

Il y a au moins ceci dans la "foi de l’enfance" qu’elle est par nature ouverte vers l’avenir et vers la vie. Quelques soient les images, peut-être naïves, que l’enfance se fait de Dieu, il y a derrière ces images une confiance et une attente fondamentales que la réflexion théologique n’a pour vocation ni d’ébranler, ni de conforter. Tout simplement le choix de faire confiance, ou plutôt de recevoir de la Parole de Dieu la confiance dans la vie et la confiance en soi vitales pour grandir.

La pasteur n’a pas à se poser en censeur de la qualité de la foi de ses ouailles, les naïvetés de la "foi de l’enfance" de celles-ci devrait plutôt l’interroger d’abord sur les naïvetés de sa propre foi d’adulte et de clerc et sur ce qui, dans son travail et son existence théologique, a déçu l’enfance de sa foi.