La Bête à Bon Dieu
Que nous dit la Bible
à propos des pets des vaches
samedi 12 décembre 2009, par Richard Bennahmias

Les vaches produisent du méthane, certes, mais le carbone qu’elles relachent ainsi dans l’athmosphère contribue-t-il à l’effet de serre ?
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D’un point de vue théorique, cette affirmation est fausse : le carbone que les vaches relâchent par leurs flatulences, c’est celui du carbone qu’elles ont ingurgité. C’est du carbone "frais" qui sera théoriquement absorbé par l’herbe qu’elles mangeront plus tard, et ainsi de suite. Dans la mesure où elles ne mangent pas de pétrole, les vaches interviennent dans le cycle normal du carbone.

Pratiquement, le seul carbone qui ne rentre pas dans le cycle normal, c’est celui du pétrole utilisé pour la production du fourrage qu’elles ingurgitent. C’est l’industrialisation de l’élevage qui contribue à l’effet de serre.

Le vrai problème, c’est celui de la part de la viande dans l’alimentation. Nous mangeons trop de viande. Et la production de viande occupe une trop grande proportion des terres cultivables.

C’est là que la Bible intervient : précisément la différence entre la saga des pères du livre de la genèse et la légende de la conquète de la Palestine des livres de l’Exode, Josué etc.

Avec Moïse et ses successeurs, il s’agit de conquérir une terre pour la cultiver. Les hébreux qui sortent d’Égypte ne sont pas ou plus des éleveurs nomades.

Dans la saga des pères, ce que l’on constate, c’est une bonne entente entre éleveurs nomades (Abraham et ses descendants) et agriculteurs sédentaires (les cananéens). Autrement dit, la production de viande occupe les interstices laissés par l’agriculture. L’équilibre entre les deux est toujours l’objet d’une négociation. Comme la viande a des pattes, elle peut circuler d’une zone de pâture à l’autre.

Cette tradition s’est perpétuée jusqu’à la moitié du 20ème siècle. Les zones non cultivables (par exemple les zones montagneuses) sont exploitées pour la production de viande. On utilise aussi les résidus de la culture pour la production de viande (les troupeaux paissent par exemple sur les chaumes).

Il y a rupture à partir du moment où on se met à cultiver du fourrage, c’est-à-dire où l’on consacre des surfaces cultivables à l’élevage de la viande.