La Bête à Bon Dieu
Des riches intelligents
Méditation économique sur l’origine des textes de l’Ancien Testament
vendredi 12 février 2010, par Richard Bennahmias

Le collationnement et l’écriture des livres de l’ancien testament nécessitaient des moyens qui n’étaient pas à la portée de tout le monde. C’est donc notamment aux riches que l’on doit la conservation des livres prophétiques qui les vouent pourtant aux gémonies. Et s’il s’agissait d’un "retour sur expérience" ?
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"Malheur, ils joignent champ à champ" prophétise le prophète Esaïe inaugurant un longue tradition prophétique d’avertissement : votre cupidité précipitera tout le monde dans la faillite, et vous avec. La faillite, c’était qu’aucune résistance aux puissances assyriennes et babylonienne n’était possible sans le soutien du peuple (Machiavel reprend ce thème dans "Le Prince"). Il y a aussi les prescriptions du Lévitique qui enjoignent à ne pas retenir le salaire de l’ouvrier et à ne pas museler le boeuf qui foule le grain.

Les recherches les plus récentes (Finkelstein, Römer, etc.) donnent à penser que la plupart de ces textes ont été sinon écrits, du moins collationnés et consignés après l’exil, à l’époque d’Esdras et de Néhémie. Mais par qui ? Un tel travail nécessite des moyens financiers conséquents, en l’absence d’un pouvoir politique. Certes, les rédacteurs du livre d’Ésaïe sont des propagandistes de la dynastie Achéménide. Et on comprend bien la sagesse géopolitique qui consiste pour Cyrus à installer sur les marges de son empire des peuples près à les défendre comme s’il s’agissait de leur propre bien. Le subventionnement partiel de la reconstruction de Jérusalem (en tout cas de son temple) par Cyrus n’a pas d’autre but.

Mais en poussant plus loin le raisonnement, on comprend aussi que la leçon vaut aussi dans le domaine social et économique. C’est leur propre cupidité qui a livré les riches aux mains de Babylone. En se faisant les propagandistes de Cyrus, les élites religieuses et économiques juïves font elles-mêmes retour sur leur expérience et s’adressent à elles-mêmes la leçon : en ne muselant pas le boeuf qui foule le grain, en ne retenant pas le salaire de l’ouvrier, en laissant de l’espace à la dignité des humbles, c’est leur propre prosperité et leur propre pérénité qu’elles assurent.

Machiavel, dans "Le Prince", ne dit pas autre chose à Laurent de Médicis.

Et c’est une leçon que nos patrons du CAC 40 feraient bien de méditer.





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