La Bête à Bon Dieu
Le doigt de Dieu
de Georges Fourest
lundi 15 novembre 2010, par Richard Bennahmias

Mais Dieu possède un doigt et l’immoralité
ne saurait échapper à la fatalité.
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Il avait violé sa soeur, coupé sa mère
en tout petits morceaux : jugeant la vie amère
et se voulant donner quelque distraction,
il servit à son père une décoction
du foie et des reins ennemis
(car il avait beaucoup potassé la chimie) :
cette mixture fit mourir le doux vieillard

Il était mal poli, journaliste, paillard,
trichait au jeu, faisait des vers, fumait la pipe
dans la rue et, le soir, il se gavait de tripes
à la mode de Caen parmi des croque-morts.
D’ailleurs, il n’éprouvait pas l’ombre d’un remord
et vivait très correct et très digne et coulait
de bien beaux jours (comme le fait M. Paul Déroulède).

Mais Dieu possède un doigt et l’immoralité
ne saurait échapper à la fatalité.

Un matin, comme il avait fait la grande fête,
un pot de réséda lui tomba sur la tête
et le Seigneur l’admit au paradis profond,
car il était plus vif que méchant, dans le fond !