La Bête à Bon Dieu
Dieu est vraiment mort …
Ils l’ont tué
jeudi 18 octobre 2012, par Richard Bennahmias

Quand je lis les réactions catholiques, protestantes ou juives officielles au projet de loi sur le "mariage pour tous", ce qui m’éffare dans les réactions des représentants des différents cultes, c’est qu’au fond, ils se portent tous au secours de ce qu’Emmanuel Lévinas désigne chez Heidegger comme un mode d’exister payen.
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Pourquoi donc ces gens s’obstinent-ils à invoquer ici le Dieu des philosophes et des savants au lieu de s’en remettre à celui d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Les références bibliques n’y changeront rien. Rechercher dans la Bible tout ce qui peut conforter une quelconque "complémentarité homme/femme", ça n’est ni plus ni moins qu’en ressusciter les scories qu’elle véhicule encore des cultes payens célébrant les noçes de Baal et d’Astarté. Ces dieux là sont morts depuis longtemps : 25 siècles de Judéo-christianisme les ont presque éradiqués.

Qui ne voit que, dans la révérence faite à l’immuable du symbole, ou à l’ordre de la nature, ou aux invariants anthropologiques, c’est un mode d’exister payen que l’on invoque, dont l’Autre a été évacué ? C’est au nom de ces dieux là, bel et bien morts, eux-aussi, et qu’aucune invocation, aussi pieuse soit-elle, ne ressuscitera, qu’on se porte ainsi au secours d’un monde lui-même mort à force de perséverer dans son Être. Et c’est l’Autre, c’est l`origine immémoriale de l’éternelle nouveauté de notre monde, qu’on crucifie.

Or, ni "l’homme et la femme" ne sont complémentaires, ni "l’humanité et la divinité", jamais la Bible n’a dit cela, tant elle témoigne combien ces relations jettent dans l’Être la défaillance du manque et le trouble du surcroît, la déchirure du désir et l’insolence de l’amour.

Pourquoi s’obstine-t-on à n’opposer à la demande que des fins de non recevoir en la renvoyant à je ne sais quel "fantasme de toute-puissance" ? Pourquoi refuse-t-on ne serait-ce que de l’entendre, de l’écouter, de se laisser déranger par elle ?

Le "mariage pour tous" et ses conséquences en matière de filiation introduisent de la nouveauté dans nos mœurs. Comme toute nouveauté, celle-ci mérite d’abord notre intérêt et seulement ensuite notre circonspection. Il ne s’agit pas ici de briser les frontières de notre finitude. Qui ne voit que c’est le dérangement par lequel l’Autre ne cesse de réveiller la quiétude de notre Être, qui ouvre notre finitude à la nouveauté en nous permettant à chaque fois simplement d’ajouter humblement un peu plus de fini au fini ?

C’est ce que notre humanité ne cesse de faire depuis les débuts de son existence, sans que cela ne nous menace forcément de nous faire sombrer dans les abîmes.





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